La coloc’ : l’auberge espagnole ?

Publié le par Romanine

 

En France, j’ai connu trois « colocations », ou plutôt « cohabitations », dont une de cinq ans avec mon ex. Je n’ai donc jamais vécu complètement seule et je n’en étais donc pas à mon coup d’essai lorsque je suis arrivée à Toronto.

 

Et pourtant… C’était quand même radicalement différent de tout ce que j’ai connu en France !

 

- 1ère colocation :

 

Bon, celle-là, je dois dire que c’était une erreur. Tous mes sens me criaient de ne pas aller dans cette coloc’ et j’y suis pourtant allée, de peur de ne rien trouver d’autre. La prochaine fois j’écouterais mes intuitions !


Bref, c’était une chambre meublée dans un appart’ de 3 pièces, au 22ème étage d’une tour de 32 étages. Mon coloc’, Mick, est un célibataire de 40 ans (du moins, c’est ce qu’il dit, mais bon, tout les mecs mentent sur leur âge, alors…).


Lorsque j’ai visité, ce qui m’a trompé, c’était que tout était bien rangé, du coup ça m’a donné l’impression que c’était propre alors qu’en fait c’était hyper crade ! Cafards, cuisine graisseuse, substances diverses et variées sur la table…


Mick est très gentil, mais un peu bizarre quand même. La solitude doit lui peser et il parle souvent seul ou aux gens à la télé… Il me raconte que ses ex-coloc’ partaient à chaque fois sans rien dire, en glissant la clé dans la boite aux lettres. Hmm, mauvais signe…


Ce qui m’a vraiment décidé à partir, c’était le bruit infernal : il y avait d’importants travaux dans la tour et on aurait dit qu’un marteau piqueur géant était constamment au dessus de nos têtes ! Ca, plus la saleté, plus le coloc’ bizarre, j’ai pas pu tenir plus d’une semaine… Heureusement, je n’avais payé que pour deux semaines…


Coup de bol, Ed, un mec avec lequel j’étais en contact pour une autre colocation et que je n’avais pas réussi à joindre, me recontacte et me dit qu’il voudrait me rencontrer, même si j’ai déjà trouvé ailleurs. Evidemment, je dis oui et je vais lui rendre visite.


Ed loue une grande maison (2 étages plus un sous-sol) et le quartier est résidentiel et donc hyper-calme. Seul petit point noir : il faut prendre le bus pour arriver au métro. Peu importe, la maison me plait, Ed a l’air sympa, je dis donc oui tout de suite.

 

Et comme vous vous en doutez… je suis partie de chez Mick pendant qu’il n’était pas là et j’ai glissé la clé dans la boite aux lettres ! Bon, je lui ai quand même laissé un mot avec une excuse bidon, ce qui fait qu’on restera en bons termes par la suite ^_^

 

- 2ème colocation :

 

Je suis arrivée chez Ed le 25 avril 2006. Au début, on était deux garçons (Ed et Jan) et moi dans notre grande maison. Tout se passait à merveille : on est tous les 3 assez bordéliques mais on faisait des efforts pour les parties communes. On faisait la vaisselle quand il y en avait dans l'évier, sans se soucier de savoir si c'était la nôtre ou pas. Pas d'étiquettes sur les étagères dans les placards ou le frigo. Pour la bouffe, chacun achetait et cuisinait pour soi, sachant qu'on pouvait se servir allègrement dans la bouffe des autres ou faire des grands dîners ensemble. Pour le ménage, bah quand ça devenait assez crade, on nettoyait, ensemble ou séparément. On ne s'est jamais pris la tête pour ça. Côté vie sociale, on passait de longues soirées à discuter tous les trois, ou regarder un film, ou danser, ou n’importe quoi d’autre. Bref, pour moi ça a été une période idyllique.

 


 

Au 1er juin, celle qui louait le sous-sol (et qu’on ne voyait jamais) est partie et a laissé la place à Tracy (anglaise) et Monica (mexicaine). Les choses ont un peu changé car on faisait maintenant les choses à 4 ou 5. Elles ont apporté un peu de piment dans notre vie, en positif et négatif. A cette époque, j’avais l’impression de vivre dans un soap-opera genre « Les feux de l’amour » : Tracy avait deux copains, un en Angleterre et un autre à Toronto, mais qui habite en fait au Mexique, tout en étant portugais… Et bien sûr, le copain anglais n’était pas au courant qu’il y en avait un deuxième et c’était à nous de gérer quand il appelait et demandait où elle était… Monica était très sympa, pleine d’énergie et de bonne humeur. C’est elle qui la première m’a initiée à la salsa et autres danses latines. Les conditions se sont un petit peu dégradées vu qu’on était maintenant 5 à partager la cuisine, mais c’était encore une très bonne période pour moi.

 

Le 29 juin, Ed, qui a prévu de partir en Nouvelle-Ecosse en juillet avec ses deux enfants (divorcé inside), nous annonce à moi et à Jan qu’on va avoir deux nouvelles colocataires : Shanna (canadienne), qui louera sa chambre et Ksenia (russe), qui louera la chambre de son fils. Evidemment, c’est un mec, donc il pense à court-terme et ne se soucie pas de savoir ce qui se passera pendant son absence, ni à son retour. L’important pour lui, c’est d’avoir de l’argent qui rentre. Moi et Jan, on n’était pas très contents qu’il nous annonce ça deux jours avant l’arrivée des nouvelles et sans même nous demander notre avis. Tracy, Monica et Shanna étaient encore moins contentes que nous, car elles n’ont même pas été mise au courant !

 

Bref, au 1er juillet, on se retrouve à 6 dans la maison, sachant que Tracy a décidé d’amener ses deux copains (pas en même temps bien sûr), ce qui nous amène à 7. Mon rêve s’est transformé en cauchemar : Shanna est aussi maniaque que je suis bordélique et on ne s’apprécie guère, ce qui fait qu’on se crêpe régulièrement le chignon. Ksenia est au contraire dix fois plus bordélique que moi et envahit le frigo de nourriture (un frigo pour 6 personnes, rappelons-le) qu’elle laisse pourrir.
C’est à ce moment qu’on est passé au système des étiquettes dans le frigo et dans les placards, vu que Ksenia ne voulait pas comprendre. Pour la vaisselle, chacun faisait désormais sa propre vaisselle, car Ksenia ne la faisait jamais. Après avoir poussé quelques gueulantes sans succès, je suis passée à la méthode radicale : s'il y a de la bouffe qui traîne dehors (et donc attire cafards, mouches et autres...), hop poubelle.

De leur côté, Tracy et Monica s’engueulent régulièrement : Monica doit se lever à 4h du matin pour aller travailler, tandis que Tracy fait du bruit jusqu’à 1h ou 2h du matin (parle au téléphone, marche avec des talons, etc…).

 

Au 1er août, Shanna, excédée par la saleté de la maison et l’attitude désinvolte de Ed, est partie sans rien dire, en mauvais termes avec tout le monde, sauf Jan (qui par définition, est en bons termes avec tout le monde). Ouf, une personne de moins. La maison est toujours aussi dégoûtante, et Ksenia continue de laisser pourrir sa bouffe, un peu partout dans le frigo et la maison (elle a la flemme de trier ses déchets, donc elle les cache dans le bordel environnant, et c’est grâce aux innombrables mouches qu’on les retrouve).

 

Mi-août, Ed revient et Tracy repart en Angleterre. Ca va un petit peu mieux, mais le désordre et la crasse continuent de me sortir par les trous de nez. Ca m’énerve d’autant plus que Ed nous avait dit que Ksenia ne resterait que juillet et août, mais je sais pertinemment qu’elle restera plus longtemps et qu’il ne nous demandera pas notre avis là-dessus.

 

Mi-septembre, Jan qui est fatigué de la situation et de l’attitude d’Ed, quitte la maison pour Sudbury, qui est à 5 heures de Toronto (chez ses parents). Ed le remplace par Nathalie, une française. Je demande à Ed ce qu’il en est pour Ksenia (avec qui je m’engueule régulièrement) et il me dit qu’elle lui a demandé de rester jusqu’à fin septembre. Il me promet que si elle demande à rester plus, il lui dira non.

 

Début octobre, Ksenia est toujours là… Ed n’a donc pas tenu sa promesse, une fois de plus. Ca, plus d’autres choses qu’il serait trop long d’expliquer ici, me décident : j’en ai marre de cette maison dégueulasse, de l’ambiance, de Ed… je pars à la fin du mois.

 

Pour plus de détails sur tout ce qui m’empoisonnait la vie, voir mon article « Check-list pour choisir ses colocs »

 

- 3ème colocation :

 

Au 1er novembre, j’emménage dans ma nouvelle maison. Mes nouvelles coloc’ sont deux étudiantes canadiennes. Bon, pour le coup, j’ai pas grand-chose à dire : c’est propre et calme, et on ne me prend pas la tête. C’est tout ce que je demande. Question vie sociale, c’est simple : c’est « bonjour - comment ça va - au revoir ». C’est sûr que j’aurais préféré un peu plus de contact, mais bon, on ne peut pas tout avoir !

 


 


 

 


 

Quelques détails pratiques supplémentaires :

 

7 dans une maison, oui, c'est beaucoup, mais c'était une maison de 5 chambres plus un sous-sol (utilisé comme appartement séparé).
Pour les prix : mes 3 colocations, c'est 500$ par mois. Les studios, c'est souvent des basements (sous-sol d'une maison) et là, il faut compter 700 à 900$ pour une surface d'environ 35 à 50 m². Par contre, à Montréal, c'est beaucoup moins cher. Je paierais certainement dans les 300-350$ pour la chambre que j'ai actuellement...

Pour les "basements", c'est vrai que ça peut paraitre bizarre d'habiter au sous-sol, moi-même j'ai été assez surprise la première fois que j'ai vu ça. Mais pour répondre à la question d'Engelse, en fait les maisons sont un peu surélevées (comme on peut le voir sur la 1ère photo), donc les basements ne sont pas complètement sous-terre et il y a bien des fenêtres. Par contre, la lumière n'entre pas aussi bien que dans un vrai appart, bien sûr.

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Publié dans Canada

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R
Peut etre que je perds mon francais, mais je comprends pas grand chose à ton comm !!Mes actuelles coloc sont canadiennes, ce qui correspond à plutot froid et réservé. Je dis "les feux de l'amour" à cause des histoires pas possibles qui s'y passaient et mes colocs de la coloc n° 2 étaient non canadiens (sauf Jan et Ed).Ma 2ème coloc était le reve les 2 premiers mois, 10 fois mieux que ce que j'ai actuellement.
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I
Mdr. Les "Feux de l'Amour" ça me fait bien marrer. Doit-on en conclure que tes actuelles colocs sont pas canadiennes (car un peu froides et reservées quand même) ? Perso je préfère ce genre d'ambiance que les pourritures de ta 2e coloc, mais bon c'est valable pour la France, où j'ai d'autres amis.Ca te tente pas de partir dans un pays plus "caliente" ? Genre le Brésil ou Madrid (oui c'est pas un pays je sais). Au moins tu sera sure de pas t'ennuyer =)++
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R
Mé ouais ! Franchement, autant la coloc n° 2, c'était "L'auberge espagnole", voire "Les feux de l'amour", autant dans la n°3, j'ai rien de rien à raconter ! D'ailleurs, je suis très souvent seule dans la maison (les deux autres sont chez leur boyfriend ou chez leurs parents...).Bon, des fois on se demande aussi "Comment était ta journée ?" et "Tiens, tu sors, tu vas où ?", mais rien de plus. Après 3 mois, on a mangé DEUX fois ensemble (dont une fois pour m'accueillir), alors que dans la coloc n° 2, ca arrivait plusieurs fois par semaine !Ouais, ma chambre est confortable, quoique très petite et y a aucune nuisance... si ce n'est la condensation sur les fenêtres qui inonde régulièrement mon étagère.La maison est grande et j'ai plein d'espace pour pratiquer la salsa !
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E
On est supris par la "courtesse" du récit pour ta 3ème colocation... Ca laisse planer le mystère... Au bout de 3 mois et demi, le dialogue se résume-t'il toujours à "Bonjour - comment ca va - au revoir" ? Qui sont tes colocataires ? Ta chambre est confortable ? Pas de nuisances ?C'est dommage parce que maintenant y'a plus rien à raconter !! (en comparaison des folkloriques essais lus plus haut...!)
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I
Bon, ben la coloc moi je connais, et puis même aujourd'hui je dois me battre pour avoir du chauffage dans ma chambre (Mme éteint mon chauffage dans ma chambre mais le sien reste allumé dans son salon !).Sinon, je te rejoins : habiter seule c'est un peu déprimant, sauf si ton copain "vit" officieusement avec toi ou que tu as beaucoup d'amis à recevoir. Mais pour une intégration dans un pays ou une région inconnue, la coloc a ses avantages. Et puis on se sent pas toute seule perdue à l'étranger...
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