Anecdote : un week-end à Bayfield Lodge
Le samedi matin, Jan et moi, nous nous levons à 5h. J’avais peur que Jan ne se lève pas à temps, mais finalement il est déjà prêt quand je me lève. Et plutôt de mauvaise humeur, du fait d’une insomnie. Nous partons et récupérons au passage Laure et Shiva. Il faut compter bien 5 heures de route pour arriver à Bayfield Lodge, l’endroit où nous devons rejoindre le reste de l’équipe.
Nous arrivons donc vers midi dans un camping, où les quatre autres membres de l’équipe avaient passé la nuit. Eux au moins, ils avaient pu dormir plus longtemps, sauf qu’ils s’étaient installés pile dans un coin du camping infesté de moustiques et ne s’en sont rendus compte qu’au matin !
Les garçons vont chercher les canoës et commencent à les charger avec tout notre barda : sacs de couchage, tentes, glacières, etc… C’est là que je me rends compte que si un canoë se renverse, on est un petit peu dans la m… Et comme Shiva me le confirme, ça peut arriver ! Ca lui est même arrivé la dernière fois qu’il avait fait du canoë. Depuis, son appareil numérique ne marche plus… Gloups ! Bon, comme je ne tiens pas à me faire engueuler à cause de ma maladresse, je modifie un peu le chargement des canoës de façon à ne mettre que nos affaires dans notre canoë.

Et nous voilà partis ! Je ne sais pas manœuvrer un canoë, donc je me mets devant et Jan derrière (bon à savoir si vous ne savez pas non plus !). Le paysage est ma-gni-fi-que, comme vous pouvez le voir sur les photos : des pierres grises-roses, datant de l’âge de glace qui émergent du lac. Au début, il y a encore quelques habitations isolées, puis au bout d’un moment, on se retrouve seuls, au milieu de nulle part. Mais vraiment seuls ! Plus une seule habitation, pas un seul autre bateau à l’horizon, rien : le calme absolu. C’est vraiment impressionnant comme sensation. Il faut savoir que le lac est vraiment immense et à un moment, on s’éloigne beaucoup du rivage, à tel point qu’on ne le voit plus… Là, ça devient vraiment angoissant, car on a l’impression d’être des naufragés perdus en plein océan et on se demande si on va pouvoir retrouver la terre ferme… De plus, les vagues sont beaucoup plus fortes quand on s’éloigne du rivage et le canoë commence à tanguer. Vous l’aurez compris, ce trip là, c’est pas pour moi et, nous retournons donc vers le rivage.

Le soir venu, on cherche une île déserte pour y passer la nuit. Après quelques visites, on en trouve finalement une qui devrait faire l’affaire. On débarque donc tout notre bazar et on installe nos tentes, pendant que Pedro prépare le dîner.
Surprise pour Laure et Shiva : la tente qu’ils viennent d’acheter sur eBay ressemble fort à une tente pour enfants… Tant pis, ils dormiront en position fœtale !
Evidemment, toutes les bonnes choses ont une fin, et le soleil qui avait été généreux jusque là laisse soudain place à la pluie… Heureusement, nous avions prévu le coup et nous nous étions acheté
des ponchos sur le chemin.« Non, c’est qu’une petite averse, dit Laure. Ca va passer ! ». « Tu crois ? Regarde là-bas, répond Peter en lui montrant de gros nuages noirs au loin ». Et il a raison : la petite averse se change bientôt en pluie battante. Petit moment de solitude quand chacun, empêtré dans son poncho fluo, essaie de manger le chili con carne qui se transforme peu à peu en soupe froide et qui éclabousse partout sur les mains, les cheveux… J’entends des « fuck ! » de colère derrière moi, mais ça ne change rien et la pluie redouble d’intensité.

Après le « dîner », nous essayons de nous réchauffer autour du feu de camp. La pluie s’arrête un peu et chacun met ses chaussures à sécher près du feu. Certains les mettent très près du feu. Au bout d’un moment, ça sent le grillé… Tant pis pour les chaussures de Peter !
Jan va vérifier que la tente ne risque pas de s’envoler et revient l’air gêné. « J’espère que tu aimes la piscine, me dit-il ». Pas difficile de comprendre son message… « Non ! lui réponds-je ». « Hmm, c’est dommage… ». Bon, il avait oublié d’emporter le sol imperméable de la tente et pour ne rien arranger, la tente est installée sur un creux. Résultat, tout ce qui est dans la tente est trempé : sacs de couchage, oreillers, matelas, tout… A ce moment-là, j'ai l'impression d'être comme dans une scène de BD... vous vous souvenez Tintin au Tibet ?

Peu importe, nous sommes crevés tous les deux, surtout lui qui a très peu dormi la nuit dernière, et nous partons nous coucher avant tous les autres. Arrivé dans la tente, Jan qui s’était presque arraché un ongle de pied en tombant sur une pierre, l’arrache complètement en enlevant son pantalon. Je l’entends alors qui hurle « Fuck ! Fuck ! ». Et bien sûr, je ne suis pas la seule à l’entendre, je vous laisse donc imaginer ce que les autres ont compris…
C’était une des pires nuits de ma vie : Jan, lui, avait ses boules quiès et dormait comme un bienheureux. Moi par contre, j’ai dû dormir 3 heures maximum, au milieu des ronflements de Jan, de la tempête qui faisait claquer la tente et tout ça, dans un duvet trempé.
Le lendemain, par bonheur, la pluie avait cessé et une nouvelle journée ensoleillée commençait. John avait attrapé deux langoustines et les avait mises à la casserole avec le reste du petit-déjeuner : œufs, bacon, et café. Vous pouvez voir sur la photo l'endroit où était notre tente (la piscine).

Enfin, après une autre journée de rame, entrecoupée de pauses bronzage, nous sommes rentrés. Je crois bien que j’ai jamais été aussi crevée de toute ma vie, sauf peut-être quand je suis rentrée du Japon (quelque chose comme 18h de vol + escale). Ce qui fait qu’après avoir déposé Laure et Shiva chez eux, on est rentrés, on n’a même pas pris de dîner, on s’est jetés direct dans nos lits.
Mais malgré tous ces petits inconvénients, c’était une expérience géniale ! Et je la recommencerais sans hésiter !